Page Chamalières sur loire au fil du temps, une commune de haute-loire qui a sa propre histoire du site de la commune de Chamalières sur Loire en Haute-Loire 43

Un lieu de dévotion et de pèlerinage


Chamalières vient vraisemblablement du patois « tsamaleyra » qui signifie « chemin le long de la Loire, ou de l’eau».

Vu de la commune de chamalière sur loire au début du XIXeme siecleLe village est situé dans le pays du Velay, une région qui tire son appellation du nom d’une tribu gauloise illustre, les Vellavi. Naguère, ceux-ci se sont battus aux côtés des Arvernes et des Gabales contre les légions de Jules César… Aujourd’hui encore, les habitants du Velay s’appellent les Vellaves.

C’est en 927, dans le testament d’Alfred d’Aquitaine, comte d’Auvergne et du Velay, qu’on trouverait pour la première fois Chamalières mentionné d’une façon précise. Il y est dit que ce prince fait don de sa terre à l’église Notre-Dame-du-Puy. A cette époque, Chamalières n’était qu’un modeste oratoire dédié à la Sainte Vierge et desservi par quelques prêtres menant la vie monastique.

L’établissement d’un monastère de bénédictins

L´église de chamalières-sur-loire avant sa restaurationDix ans plus tard, l’évêque du Puy-en-Velay, Godescalc décida de donner la terre de Chamalières à l’importante abbaye du Monastier-Saint-Chaffre qui y établit vers l’an 950 un monastère d’hommes placé sous la règle de Saint Benoît et le patronage de Saint Gilles. Vers 1097, Chamalières comptait 27 moines dans son enceinte fortifiée. Le village comptait une quarantaine de maisons avec jardins (71 feux avec les hameaux alentours).

Dès lors, les libéralités et revenus recueillis permirent aux moines, compagnons et paysans d’élever entre le XIème et XIIème siècle une remarquable église romane qui, à part le clocher (reconstruit au début du XXème siècle), s’est conservée jusqu’à nous dans toute son uniformité et ses détails artistiques. On pense notamment que Pierre III de Beaumont (18ème prieur) fut le grand réalisateur de la construction de l’abside et du chœur actuel de l’église.

Par suite du rapatriement au monastère de deux reliques illustres, le corps de Saint-Gilles et l’un des saints clous de la Passion (offert à Charlemagne par l’empereur Constantin), Chamalières devint un lieu de dévotion et de pèlerinage. D’aucuns ont qualifié le Chamalières de la fin du XIIème siècle de « lieu de dévotion le plus célèbre des contrées environnantes, et son pèlerinage : le rival de celui de Notre-Dame du Puy ». Le 1er septembre, jour de fête de Saint-Gilles, les pèlerins accouraient à Chamalières au point qu’on ne savait pas où les loger. Il fallait laisser les portes de l’église ouvertes pour qu’ils puissent y passer la nuit. Les familles les plus puissantes du Pays, les de Beaumont, les vicomtes de Polignac, les de Roche-en-Régnier, de Rochebaron, de Montrevel, dotèrent le prieuré abondamment. De l’an 940 jusqu’en 1226, on a enregistré 280 donations : 180 pour obtenir les faveurs de Dieu par l’intercession de la prière de moines, 40 pour restitutions de biens ecclésiastiques, 32 pour dots ou pension monacale, 24 pour obtenir le droit de sépulture à l’ombre du sanctuaire. Les fidèles donnaient aussi car les moines rendaient de multiples services aux habitants de la région : instruction, protection, consolation. En outre, en 1082, Adhémar de Monteil, évêque du Puy, attribua au prieuré toutes les églises et chapelles comprises dans un rayon de cinq Lieues.


L’apogée du développement du monastère de Chamalières se situe sous le priorat de Raymond 1er de Mercoeur (28ème prieur, 1212). Elle se maintiendra trois siècles durant.
En 1381, au temps de la guerre de cent ans, Pierre VI de Nozières (32ème prieur) fit fortifier le monastère. Il est possible que les deux tourelles de la façade remontent à cette époque.

L’influence du prieur de Chamalières

Eglise saint gilles (romane), Le cloître de l´abbatiale et Les vestiges de fresques.Nommé par l’abbé du Monastier, le prieur de Chamalières était un personnage important dans la petite province du Velay. Baron de Confolent, collateur des cures de Beauzac, de Saint-André-de-Chalencon, de Saint-Georges-l’Agricol et de Saint-Pierre-Duchamp, il jouissait de tous les droits féodaux et était l’un des neuf dignitaires du clergé à assister aux Etats Généraux.

Les prieurs de Chamalières furent toujours nommés par les abbés de Saint-Chaffre, sans aucune interruption depuis Dalmace de Beaumont vers 937 jusqu’à Charles Barrome de Laval en 1770. L’union la plus intime ne cessa de régner entre les deux monastères, et l’on vit cinq prieurs devenir abbés du Monastier.

Mais au fil du temps, le prieuré s’affranchit de la domination de l’abbaye. La dépendance réelle finit par consister dans le simple tribut d’un repas offert chaque année aux 36 religieux du Monastier-Saint-Chaffre, repas évalué par arrêt du parlement de Toulouse en date du 12 août 1704 à 10 sols par tête.

De la même manière, la suprématie des évêques du Puy, imposée au Xème siècle par Godescalc à tout ce qui relevait du monastère, était prégnante à Chamalières. A chaque avènement de prieur, le prélat ne manquait pas de rappeler au nouvel élu ses droits de haute juridiction. Mais celui-ci ne garda bientôt plus que les apparences respectueuses de la soumission. En 1624, son vasselage était réduit à quelques redevances insignifiantes qui disparurent sous l’avant-dernier prieur : Messire Pierre de Lamée (1762).

Le déclin du monastère

Au cours des XVIème et XVIIème siècles, les aléas de l’histoire, et notamment les guerres de religion, entraînèrent la ruine du monastère, et ce jusqu’à la dispersion des trois derniers moines en décembre 1787.
Confisqués par la jeune République le 2 mars 1790, l’église devint propriété communale. Quant au cloître et son jardin, ils furent adjugés un an plus tard à un négociant du Puy-en-Velay.
Le 3 août 1819, la Congrégation des Sœurs de Saint-Joseph du Puy se porta acquéreur. Elle en fut propriétaire jusqu’en 1943, date à laquelle elle vendit à la commune. A l’époque, quatre religieuses y résidaient encore : sœur Eulalie, sœur Saint-Gilles, sœur Cornisius, et sœur Lucie. Elles visitaient les malades, entretenaient l´église, enseignaient le catéchisme aux petits, s’occupaient de la cantine scolaire et d’activités de patronage, le jeudi ou le dimanche.

Aujourd’hui : Une église romane rayonnante

L´église de Chamalières-sur-loire : une église rayonnante.Aujourd’hui, l’église reçoit de nombreux visiteurs amateurs d’art roman. Pourvue d’une acoustique exceptionnelle grâce à ses trente échéas (vases acoustiques en terre) logés dans la voûte du chœur, elle accueille régulièrement des chorales ou des concerts de musique sacrée.
Enfin, l’église de Chamalières est l’un des sites du célèbre Festival de musique de la Chaise Dieu (musique classique profane et sacrée) qui se déroule tous les ans dans notre département.

Pour conclure, précisons que c’est seulement en 1903 que Chamalières obtint de s’appeler « Chamalières-sur-Loire », une précision fluviale, que le conseil municipal jugea indispensable afin de mettre un frein, si ce n’est un terme, aux confusions incessantes qui résultaient de son homonymie avec sa consœur auvergnate située dans l’agglomération de Clermont-Ferrand.

Ouvrages régionaux de référence :

. « Chamalières et ses entours » d’Alexandre Perbet (disponible à la bibliothèque)
. « Le Bourrassou ou les mémoires d’un papy centenaire » de Jean Tempère (disponible à la bibliothèque et sur internet)